Côte d’Ivoire : à deux semaines de la présidentielle, l’opposition reste engluée dans ses atermoiements

Côte d’Ivoire : à deux semaines de la présidentielle, l’opposition reste engluée dans ses atermoiements

Les adversaires du président Alassane Ouattara, candidat à sa réélection fin octobre, peinent à s’accorder sur une stratégie commune pour mobiliser.

Lors d’une distribution de cartes d’électeur, à Abidjan, le 14 octobre 2020.

« Tout sauf Ouattara ! » L’opposition en Côte d’Ivoire s’en tient à ce mot d’ordre au moment où démarre, jeudi 15 octobre, la campagne électorale pour la présidentielle. A quinze jours du premier tour du scrutin, tous les adversaires du chef de l’Etat sortant, Alassane Ouattara, réclament le retrait de sa candidature controversée à un troisième mandat. Mais ce cri de ralliement dissimule mal leur absence de stratégie pour parvenir à barrer la route au président sortant.

Ce flottement est apparu clairement à l’occasion du « giga-meeting » organisé samedi 10 octobre par les chefs de file de l’opposition au stade Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Accusant M. Ouattara, son ancien allié, de « haute trahison » et de « viol » de la Constitution, l’ancien président et meneur de l’opposition Henri Konan Bédié a promis aux militants présents que la « dictature du RHDP [le parti au pouvoir] sera[it] vaincue dans quelques jours ou quelques semaines ». Par quelle voie ? M. Bédié a demandé au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, « de se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d’un organe électoral indépendant crédible avant l’élection présidentielle ».

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Rien n’a en revanche été précisé sur les actions à mener à l’intérieur du pays pour « faire barrage » au troisième mandat. Le 20 septembre, M. Bédié avait pourtant lancé un appel à la désobéissance civile, soutenu par l’ensemble de l’opposition. Mais dans les faits, l’initiative est restée lettre morte à l’intérieur du pays, comme à Abidjan, la capitale économique ivoirienne : quasiment aucun mouvement de protestation ou de blocage n’a été signalé.

Carte internationale

« Constatant que ça ne prend pas dans le pays, l’opposition tente de plaider sa petite cause à l’extérieur, se moque un cadre du RHDP. Mais est-ce qu’elle pense sérieusement que la communauté internationale va réagir alors que les Ivoiriens vaquent à leurs occupations et n’ont que faire d’appels à l’insurrection lancés depuis des villas de Cocody [commune huppée d’Abidjan] ? »

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