L’armée malienne, miroir d’une société minée par les crises

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a été renversé le 18 août par des militaires exaspérés par la corruption et le népotisme du régime déchu.

Parfois le lieu, les gens et l’instant communient dans d’étranges coïncidences. En ce 16 septembre, Bamako rend hommage au général Moussa Traoré. Le vieux satrape aux vingt-deux ans de dictature (1968-1991), condamné à mort après avoir été emporté par la tempête démocratique du début des années 1990, puis finalement gracié, est décédé un jour plus tôt.

Il est mort dans son lit, assez tard pour partir entouré d’une certaine bienveillance et avec les honneurs de funérailles nationales. Les années avaient fait de lui un « sage » de la nation. Par respect dû au mort, chagrin sincère ou opportunisme, chacun est venu présenter ses condoléances à la famille de ce soldat qui élimina toute forme d’opposition. De rares voix ont rappelé les années de répression et les acquis démocratiques.

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